News

9 juillet 2015
|

Conférence Innorobo – Smart Homes : nos vies entre robots et objets connectés

La semaine dernière, nous avons participé à Innorobo. Durant l’évènement, nous avons pu assister à une conférence sur un sujet qui nous tient à cœur : les maisons connectées et la façon dont nous pourrions vivre au quotidien avec les robots.

Quatre intervenants se sont relayés autour du sujet.

20150703_110011

De gauche à droite : Gwennaël Gâté (Angus), Martin Hägele (Fraunhofer), Jade Le Maitre (Innoecho), Yuki Nakagawa (RT Corporation), Jérôme Schonfeld (Holî)

Yuki Nakagawa : “la vie avec les robots”

Tout d’abord, Yuki Nakagawa, CEO de RT Corporation, une entreprise japonaise qui, parallèlement à la vente de robots, réalise des recherches sur la robotique. Leur mission est de concrétiser la vie avec les robots.

Le focus de ces recherches se fait sur le contrôle et la navigation du robot, mais également sur la communication entre l’homme et la machine.

Ils ont mené différentes expériences, telles que le Galaxy X’Mas Hugs qu’ils ont réalisé pour Samsung, et ont ainsi mis en évidence l’importance du contact physique avec le robot.

D’après Yuki, “Le robot ne propose pas seulement une interface, mais une expérience.” Il suffit de voir le nombre de sourires sur les visages des personnes qui interagissent avec le robot pour le comprendre.

Ainsi, le plus important dans les autres interfaces, comme l’ordinateur ou le smartphone, c’est l’efficacité. Tandis qu’avec un robot, c’est la relation humain – machine qui va prévaloir.

Gwennaël Gaté : “que nous dit la robotique humanoïde sur le futur des objets connectés ?”

Gwennaël Gâté a ensuite pris la parole pour nous donner un double éclairage sur la question. Le premier lui vient de sa précédente expérience chez Aldebaran, où il était “le gars qui devait dire ce qui était possible ou pas” en matière d’IA et de développement logiciel pour leurs robots (Nao et Pepper). Depuis, il a co-fondé Angus AI, une jeune entreprise qui développe des algorithmes pour rendre les objets “intelligents”. Ainsi, nous pouvions voir sur son stand à Innorobo une lampe qui grâce à cet algorithme était capable de reconnaître l’âge des visiteurs, de savoir s’ils étaient déjà passés, et d’échanger quelques mots avec eux.

Les robots sont assez populaires actuellement et on entend de plus en plus parler de robots à la maison. Dans les médias, nous voyons Asimo monter des escaliers, Pepper tenir une discussion ou encore Next Stage servir un café, alors effectivement, on se dit “pourquoi pas” ?

Gwennaël nous explique que lorsque nous réalisons une tâche, nous avons une première phase de perception, puis nous devons prendre une décision et enfin, nous devons agir. Ce qui est le plus compliqué pour l’homme, c’est de prendre la décision, de savoir quoi faire. Cette phase est la plus simple pour les robots, une fois qu’ils ont les données et le bon algorithme, il est très facile et rapide pour eux de faire un choix. Mais ce qui est plus difficile, c’est justement la perception de leur environnement et la réalisation de l’action.

Lorsqu’un robot réalise une action dans un contexte “industriel” tel qu’une ligne d’assemblage, il se débrouille bien car c’est un environnement connu qui varie très peu.

Une maison est un lieu bien plus complexe, en constante évolution : les meubles, les objets déplacés, les humains qui y circulent, la complexité pour reconnaître un objet qui peut prendre diverses formes. Imaginez devoir apprendre à un robot les différentes formes que peut prendre une pomme de terre ! C’est un travail sans fin.

Si bien que d’après Gwennaël, actuellement, le robot parfait pour un foyer c’est un robot qui n’a pas de bras, c’est-à-dire pas de possibilité d’actions sur l’environnement.

Les objets connectés devront être encore plus intelligents pour pouvoir nous être utiles au quotidien. Gwennaël nous donne alors cinq spécificités des robots humanoïdes que les objets connectés devraient intégrer dans leur futur développement.

  1. Exister “d’eux même”, sans une interface de type smartphone.
  2. Être sans fil.
  3. Agir sur les choses
  4. Être utilisable sans internet, ce qui permet à la fois de se libérer des problématiques de fiabilité de la connexion et du risque de perte de contrôle des données sensibles.
  5. Être proactif et fonctionner d’eux-mêmes. C’est d’autant plus important que, tant que nous n’avons qu’un ou deux objets connectés, ce n’est pas trop contraignant de les gérer un à un, mais lorsque nous en aurons beaucoup plus, cela va vite devenir ingérable.

Le challenge reste donc de pouvoir comprendre l’environnement afin d’agir correctement.

Jérôme Schonfeld : “Un objet pour un besoin spécifique”

Un autre expert en objets connectés a ensuite pris la parole. Il s’agit de Jérôme Schonfeld, co-fondateur de Holî, notamment connu pour leurs lampes connectées.

Jérôme rappelle dans un premier temps la croissance que connaît le marché des objets connectés, notamment dû à la banalisation du smartphone qui nous sert de télécommande universelle, à la baisse des coûts des composants électroniques et à des réseaux toujours plus fiables.

Cependant, cette croissance n’est pas suffisante pour garantir la pérennité d’une entreprise sur le secteur. D’après Jérôme, les objets connectés, pour être utilisé, doivent répondre à certains critères.

Il donne comme exemple cette vidéo datant de 1979, sur “la maison de l’an 2000”. Cette maison connectée présentait de nombreuses innovations qui, en 2015, n’ont toujours pas été adoptées par la majorité. Pourquoi ? Problème de coûts, de sécurité, de complexité dans l’installation et dans l’usage, mais surtout un problème d’utilité.

D’après Jérôme, pour qu’un objet connecté puisse investir notre maison, il doit répondre aux points suivants :

  • Répondre et agir sur un besoin ou un manque spécifique.
  • Se baser sur un cas d’utilisation ou un produit existant. Il est en effet plus facile d’enrichir un objet commun que tout le monde a déjà dans sa maison : des ampoules, un aspirateur…
  • La promesse doit être simple et facile à comprendre.
  • L’objet doit bénéficier d’un ensemble de services liés.
  • Le prix doit être raisonnable.

Martin Hägele : “Un robot assistant adaptable pour les environnements du quotidien”

Le dernier intervenant a ramené la discussion sur la robotique, puisqu’il s’agit de Martin Hägele, directeur du département Robotique et Système de Fraunhofer. Cette entreprise allemande cherche notamment à développer un robot assistant qui puisse servir à des personnes différentes, sur des tâches différentes, dans des lieux différents.

Aussi, pour répondre au challenge de la perception de l’environnement et avoir un robot efficace, ils concentrent une grande partie de leurs efforts sur les capteurs.

De plus, au fil de leurs recherches et des différentes versions du “CareObot”, ils se sont rendu compte de l’importance de l’interaction et de la forme humanoïde.

En effet, dans les premières versions, une tablette sur le robot servait d’interface. Mais l’interaction ne fonctionnait pas. “Les utilisateurs ont besoin d’une tête pour s’adresser au robot”. Ils en trouvaient donc une dans le design du robot et parlaient dans cette direction. Cependant, non seulement ce n’était pas réellement la tête du robot, mais en plus elle n’était pas équipée des capteurs permettant une quelconque interaction verbale.

C’est pourquoi dans la dernière version, le CareObot 4, ils ont rajouté une tête, des expressions et ils ont énormément travaillé la kinétique du robot afin qu’il soit expressif même dans ses mouvements. Ces changements ont rendu possible un échange et une interaction naturelle avec le robot, ce qui au final participe à son acceptation.

Pour conclure

Il était intéressant d’entendre les différents points de vue sur ce qu’est et sera notre vie dans la maison connectée, au côté d’objets et de robots de plus en plus “intelligents”. Au final, les avis se recoupent et se complètent et font échos à certaines choses que nous avons pu nous-mêmes expérimenter chez Hoomano.

Par exemple, nos solutions répondent à des besoins concrets et nous faisons en sorte que la présence d’un robot soit pertinente.

Nous avons vu les sourires, les gens cherchant à toucher, à avoir un contact physique. Nous savons que l’interaction avec le robot et la forme humanoïde sont des points clés qui permettent de faire vivre une expérience positive à l’utilisateur.



0 Comments


Leave a Reply