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5 novembre 2015
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Intelligence Artificielle, Robotique et Fantasme

Le 6 Novembre nous participerons à une table ronde organisée par Coboteam dans le cadre de la conférence scientifique BICA, dédiée à l’intelligence artificielle.

Est-ce que l’intelligence artificielle fait progresser la robotique ? De prime abord, “oui” ! Évidemment ! L’IA permet à des machines d’exécuter des fonctions et des tâches associées à l’intelligence humaine, comme la perception, la compréhension, l’adaptation, ou encore l’apprentissage. C’est donc une discipline scientifique qui permet notamment de faire progresser la robotique.

Oui, mais… Attention au clivage entre initiés et non initiés dans la représentation que nous nous faisons de l’intelligence artificielle.

Pour les initiés, l’intelligence artificielle s’apparente à des algorithmes costauds (vraiment très costauds) qui améliorent les trois composantes du robot : la perception, la décision et l’action.

Mais pour les non-initiés, l’IA connote un rapport : “être plus intelligent que…”, et on le retrouve notamment sur les graphiques qui retracent l’historique des progrès de l’intelligence artificielle, projetant une terrifiante courbe qui nous dit “qu’un jour il y aura quelque chose de plus intelligent que tous les hommes réunis”.

Imaginaire inquiétant, nourri par la mythologie et la science fiction, où l’on projette peurs et passions humaines dans un objet normalement dépourvu de psychisme et d’âme. Bref, rien de très réel et encore moins de scientifique ici.

Malheureusement, ces sujets là sont à la mode. Et, il est facile de s’attirer un peu d’attention médiatique, de chercher à faire du buzz, en “jouant” avec cette ambiguïté dans les  mots “intelligence” et “artificielle”.

Et cela dessert la robotique, nous en sommes convaincus. Cela renforce la crédibilité de l’apparition d’un robot chimérique à la “Terminator” qui va au mieux faire de nous ses esclaves et au pire, nous exterminer.

Pourtant, concrètement, l’intelligence artificielle va apporter beaucoup à la robotique en lui permettant de nous être bien plus utile.

Le plus grand challenge est l’amélioration de la perception du robot et de la compréhension de son environnement. Pour être concret, voici un problème d’une complexité incroyable pour un robot dédié à l’interaction avec l’Homme : “qui a déjà réussi à interrompre un robot en plein speech, simplement en fronçant les sourcils ?”

Gwennaël Gaté (Angus.AI) nous en parlait lors d’une conférence à Innorobo cette année :

“Lorsqu’un robot réalise une action dans un contexte “industriel” tel qu’une ligne d’assemblage, il se débrouille bien car c’est un environnement connu qui varie très peu.

Une maison est un lieu bien plus complexe, en constante évolution : les meubles, les objets déplacés, les humains qui y circulent, la complexité pour reconnaître un objet qui peut prendre diverses formes. Imaginez devoir apprendre à un robot les différentes formes que peut prendre une pomme de terre ! C’est un travail sans fin.” – Lire l’article en entier : Conférence Innorobo – Smart Homes : nos vies entre robots et objets connectés.

Alors, au lieu d’alimenter les peurs qui relèvent de la fiction, nous devrions travailler sur l’amélioration de la perception de l’environnement par les robots, de façon pragmatique.

Pour aller plus loin : « L’intelligence Artificielle n’aura pas lieu » de Thierry Vieville



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