News

25 juin 2015
|

En 2050 : des métiers, des robots et des hommes

Lundi soir, nous sommes allés faire un tour du côté de l’hôtel des régions qui organisait une édition du forum “Métier 2050” sur la thématique : “De l’Humanité à la robotique, pour que la robotique redonne de l’Humanité”.

L’idée de ce forum est de mener une réflexion collective sur l’évolution des métiers et les enjeux de l’entreprise de demain. Une nouvelle occasion de jouer à se faire peur en se posant la question : “est-ce que les robots vont venir nous piquer nos jobs ?”.

Après une première partie où les huit associations professionnelles rhônalpines derrière l’évènement ont présenté leurs missions et leurs actions, une table ronde a été organisée pour s’attaquer au vif du sujet.

Le débat était présenté et animé par Bernard Jacquard et quatre intervenants l’ont alimenté :

  • Catherine Simon, présidente de la société Innoecho et organisatrice du salon Innorobo qui se tiendra la semaine prochaine à Lyon (et auquel nous aurons le plaisir de participer).
  • Stéphane Morel, fondateur de Akeoplus, une entreprise spécialisée dans l’intégration de vision et d’intelligence artificielle sur des robots multi-axes.
  • Patrick Banon, sociologue et directeur de l’Institut des Sciences de la Diversité.
  • Et enfin, Bruno Bonnell, président d’Awabot et administrateur de Robopolis, qui malgré des difficultés avec un avion récalcitrant, a pu rejoindre le débat en cours de route.

Alors, que pensent nos intervenants de cette révolution ?

La majorité d’entre eux ne considère pas que c’en est une. Comme le dit Catherine Simon “nous allons vivre une transformation qui est dans le continuum de la transformation numérique”.

En d’autres termes, ce ne sera pas un bouleversement violent, mais un changement progressif qui s’inscrit dans la logique de la numérisation des entreprises, déjà en cours depuis plusieurs années.

Stéphane Morel précise que ce n’est pas le travail qui va changer, mais nos façons de travailler. Ainsi, nos activités seront peut-être évaluées sur d’autres critères que celui de la performance. Pourquoi pas celui de la qualité des interactions sociales en plus de notre créativité et de notre réflexion ?

C’est ce que suggère Catherine qui espère que, grâce aux robots, l’homme va pouvoir se débarrasser des tâches mécaniques et répétitives de son travail et retrouver des interactions plus humaines.

Cependant en France, et plus largement en Europe, l’intégration des robots fait face à des résistances culturelles fortes, héritées d’une tradition religieuse chrétienne qui place le robot tel un descendant du Golem. Que la créature soit de métal ou de glaise, l’idée que l’homme devienne à son tour créateur d’une chose sur laquelle il pourrait perdre le contrôle est générateur de peurs et dévoile la réalisation d’un interdit.

Les asiatiques, quant à eux, acceptent plus facilement les robots. Là aussi, l’héritage d’une culture animiste, conférant une âme aux êtres et aux objets, y est pour quelque chose.

Résultat : l’Europe est en retard dans son processus de robotisation. Et il est grand temps qu’elle se réveille ! Car comme l’explique Catherine, la robotisation aura lieu. Et au lieu de résister, il faut s’informer, passer à l’action et intégrer au mieux ces technologies. C’est maintenant à nous tous de décider ce que nous voulons en faire.

De plus, comme le fait remarquer Stéphane, si nous produisons des robots, nous les maîtrisons et il sera plus facile de les comprendre et d’en appréhender les impacts. Cela nous permettra de garder le contrôle sur la technologie.
Et pour que cette intégration se passe bien, il est nécessaire de réfléchir à des cadres juridiques, mais surtout éthiques.

Catherine rappelle qu’à l’origine, la chirurgie esthétique permettait de “réparer” les grands blessés des guerres, les grands brûlés et les mutilés. De nos jours, c’est devenu… ce que c’est devenu. Aujourd’hui la robotique sert à “réparer” des personnes, notamment en allant corriger des handicaps  moteurs. Comme elle le conclue avec humour : il est donc grand temps “de prendre des mesures éthiques et morales si on ne veut pas tous devenir cyborg”.

Patrick Bannon insiste sur la nécessité de développer cette éthique, tout particulièrement avec le développement de l’Intelligence Artificielle qui placerait l’homme dans un statut de créateur vis-à-vis du robot. Ce dernier devenant sa créature, donnera à voir un reflet de notre humanité.

Mais sur le sujet de l’intelligence artificielle, Bruno Bonnel rappelle que les machines ne sont que des machines. Pour lui, cette peur de l’intelligence artificielle nous vient d’une culture de science fiction et n’est pas en lien avec ce qui existe technologiquement.

Cette incompréhension est notamment due à un flou sur le terme “intelligence”. Ainsi, nous faisons souvent l’amalgame entre les “machines savantes”, c’est-à-dire pourvue d’une très grande capacité de calcul, et les “machines intelligentes” qui seraient capables de raisonner à la manière d’un homme. Si les premières existent déjà et sont amenées à se développer fortement, les secondes restent de la fiction.

Quant au robot voleur d’emploi ? Il est vrai que certains emplois sont amenés à disparaître. Cependant, on estime que 65% des emplois de 2050 n’existent pas aujourd’hui. Pour reprendre l’exemple donné par Bruno, l’invention de la voiture a fait disparaître de nombreux emplois liés à l’entretien des chevaux. Mais, elle en a créé encore plus que personne à l’époque n’aurait imaginé.

Pour conclure, nous pouvons bien essayer de nous imaginer le futur, mais au final, nous sommes incapables de savoir comment il sera. Et comme le dit Catherine “il va falloir s’habituer à ne pas avoir les réponses à toutes les questions”. Ce que l’on peut faire par contre, c’est “s’y mettre”, “se bouger” et construire dès aujourd’hui ce futur. “On vit dans un monde agile, il est grand temps que l’on apprenne à l’être aussi.”

Et Hoomano dans tout ça ?

Chez Hoomano, nous agissons au quotidien pour faire progresser la robotique de service avec des robots humanoïdes. Nous sommes des artisans, travaillant avec passion avec notre boîte à outil remplie de framework de développement, SDK et autres API, agrémentée d’une grande dose d’intelligence relationnelle et de savoir faire en accompagnement et formation. Déjà quelques emplois créés sur des métiers qui auront peut-être leur fiche à pôle emploi ou dans les centres d’orientation de nos écoles en 2050 ?

Nos solutions n’ont supprimé aucun emploi, mais ont créé de la valeur pour nos clients, qui se traduit en chiffre d’affaire et en marge.

En bonus, elles ont suscité des interactions humaines riches : des échanges, des discussions passionnantes et de nombreux sourires.



0 Comments


Leave a Reply